Chers collègues, confrères, intervenants à tous niveaux dans notre Système de Soins, à titre d’usager ou d’acteur, en ville ou à l’hôpital, en secteur public ou privé,
Cette campagne du premier tour des élections législatives touche à sa fin, et aujourd’hui se clôt la possibilité de m’adresser à chacun. Les deux derniers jours devront en être consacrés à la réflexion puis au scrutin lui-même le dimanche 12 juin.
Cette période a été riche de rencontres avec nombre d’entre vous. Elle a été également l’occasion d’une mise en mots d’une préoccupation majeure, celle de l’état actuel de notre Système de Santé. Les professionnels l’observent et le constatent chaque jour. Les usagers en prennent conscience plus épisodiquement, par les récits d’actualités ou à l’occasion de recours au système de santé pour eux-mêmes ou pour leurs proches.
J’ai voulu faire de cette campagne une estrade pour ouvrir le débat au plus large public, mais aussi pour saisir la chance de porter au Parlement un soignant de terrain. Un soignant totalement imprégné de l’impératif de réclamer et d’inciter à une réflexion de fond sur l’ensemble du Système de Santé, dans toutes ses composantes, dans toutes ses ramifications, dans tous ses rouages. Un soignant de terrain certain que seule une telle ambition peut rendre à cet édifice l’efficacité et la performance, la générosité et la solidarité, la cohérence et la précision, qu’il n’aurait jamais dû perdre sous l’effet des multiples réformes, remaniements, réorientations, qui en ont bouleversé le fonctionnement au cours des dernières décennies.
La gravité de la situation a au cours de cette campagne tout de même fini par émerger, même au niveau national, le chef de l’état puis le nouveau ministre de la santé à sa suite s’obligeant à en évoquer la nécessité d’en traiter, désignant une Mission Théodule pour en décrire les contours, annonçant d’ors et déjà quelques mesures en anticipant les conclusions. Si l’aspect opportuniste de ces interventions, si leur nature essentiellement cosmétique, sont difficiles à masquer, il n’en reste pas moins que l’urgence et le sérieux des problèmes soulevés ont enfin été mis en lumière.
Toute la question est maintenant de ne pas laisser s’éteindre les projecteurs, de maintenir la focale sur le sujet qui nous porte et qui exige une série de réponses ambitieuses et résolues, planifiées et articulées. Il est bien sûr d’autres sujets dans l’équilibration de notre vie en commun et dans nos interactions avec le monde qui nécessiteront aussi l’attention publique dans les temps complexes qui nous attendent. Mais cette diversité de sujets ne peut en aucun cas effacer l’impératif de retrouver et de sauvegarder notre capacité collective à prendre soin de chacun d’entre nous lorsque la défaillance de sa santé le percute.
C’est plein d’espoir et rassuré par l’accueil reçu dans chaque rencontre que j’aborde maintenant cette nouvelle étape et la sanction des urnes. Parti sans moyen et sans structure de soutien, j’ai pu mesurer au cours de ces semaines la force de l’enthousiasme et de la conviction qui se manifestaient autour de cette initiative, en paroles comme en actes. J’ai pu mesurer combien cette démarche était redevable à toutes celles et tous ceux qui ont bien voulu y voir un source d’espoir et s’y impliquer sous une forme ou une autre.
Reste maintenant pour chacun le temps de la réflexion et le
temps du choix. Le choix d’espérer encore une fois dans les promesses de
ceux-là mêmes, de tous bords, qui ont piloté le Système de Santé jusque dans la
situation dans laquelle il se trouve aujourd’hui. Ou le choix d’une autre voie,
sans attache et sans contrainte partisanes ou dogmatiques, une voie libre et
volontaire.


