vendredi 10 juin 2022

Scrutin de 1er tour

Chers collègues, confrères, intervenants à tous niveaux dans notre Système de Soins, à titre d’usager ou d’acteur, en ville ou à l’hôpital, en secteur public ou privé,

Cette campagne du premier tour des élections législatives touche à sa fin, et aujourd’hui se clôt la possibilité de m’adresser à chacun. Les deux derniers jours devront en être consacrés à la réflexion puis au scrutin lui-même le dimanche 12 juin.

Cette période a été riche de rencontres avec nombre d’entre vous. Elle a été également l’occasion d’une mise en mots d’une préoccupation majeure, celle de l’état actuel de notre Système de Santé. Les professionnels l’observent et le constatent chaque jour. Les usagers en prennent conscience plus épisodiquement, par les récits d’actualités ou à l’occasion de recours au système de santé pour eux-mêmes ou pour leurs proches.

J’ai voulu faire de cette campagne une estrade pour ouvrir le débat au plus large public, mais aussi pour saisir la chance de porter au Parlement un soignant de terrain. Un soignant totalement imprégné de l’impératif de réclamer et d’inciter à une réflexion de fond sur l’ensemble du Système de Santé, dans toutes ses composantes, dans toutes ses ramifications, dans tous ses rouages. Un soignant de terrain certain que seule une telle ambition peut rendre à cet édifice l’efficacité et la performance, la générosité et la solidarité, la cohérence et la précision, qu’il n’aurait jamais dû perdre sous l’effet des multiples réformes, remaniements, réorientations, qui en ont bouleversé le fonctionnement au cours des dernières décennies.

La gravité de la situation a au cours de cette campagne tout de même fini par émerger, même au niveau national, le chef de l’état puis le nouveau ministre de la santé à sa suite s’obligeant à en évoquer la nécessité d’en traiter, désignant une Mission Théodule pour en décrire les contours, annonçant d’ors et déjà quelques mesures en anticipant les conclusions. Si l’aspect opportuniste de ces interventions, si leur nature essentiellement cosmétique, sont difficiles à masquer, il n’en reste pas moins que l’urgence et le sérieux des problèmes soulevés ont enfin été mis en lumière.

Toute la question est maintenant de ne pas laisser s’éteindre les projecteurs, de maintenir la focale sur le sujet qui nous porte et qui exige une série de réponses ambitieuses et résolues, planifiées et articulées. Il est bien sûr d’autres sujets dans l’équilibration de notre vie en commun et dans nos interactions avec le monde qui nécessiteront aussi l’attention publique dans les temps complexes qui nous attendent. Mais cette diversité de sujets ne peut en aucun cas effacer l’impératif de retrouver et de sauvegarder notre capacité collective à prendre soin de chacun d’entre nous lorsque la défaillance de sa santé le percute.

C’est plein d’espoir et rassuré par l’accueil reçu dans chaque rencontre que j’aborde maintenant cette nouvelle étape et la sanction des urnes. Parti sans moyen et sans structure de soutien, j’ai pu mesurer au cours de ces semaines la force de l’enthousiasme et de la conviction qui se manifestaient autour de cette initiative, en paroles comme en actes. J’ai pu mesurer combien cette démarche était redevable à toutes celles et tous ceux qui ont bien voulu y voir un source d’espoir et s’y impliquer sous une forme ou une autre.

Reste maintenant pour chacun le temps de la réflexion et le temps du choix. Le choix d’espérer encore une fois dans les promesses de ceux-là mêmes, de tous bords, qui ont piloté le Système de Santé jusque dans la situation dans laquelle il se trouve aujourd’hui. Ou le choix d’une autre voie, sans attache et sans contrainte partisanes ou dogmatiques, une voie libre et volontaire.

(1) Michel Benamou 2022 | Facebook

mercredi 8 juin 2022

Les appels à la défense du Système de Santé se multiplient

 


Comment est-ce qu'on peut dire les choses plus clairement ?
D'où faudra-t-il encore que le rappel arrive pour qu'il soit enfin entendu à sa juste hauteur et dans sa vérité ? Des professionnels de santé, de l'hôpital, du libéral, maintenant des usagers du soin et de leurs associations ?
Peut-être que si un Nabab Oriental affichait avoir renoncé à venir se faire soigner en France faute d'avoir trouvé une place d'hospitalisation, ou parce qu'on lui a fait savoir que l'entrée de toute hospitalisation se faisait par la porte du Service des Urgences, et qu'elle est fermée de 22h à 06h du 1er juin au 15 Octobre ...
Comment mieux dire que le Système de Santé fait un tout solidaire, et que vouloir en réparer juste un petit secteur impose de penser l'ensemble de l'édifice. Que s'occuper le l'Urgence ne se peut qu'en pensant aussi le soin programmé. Que la chirurgie ne se pense qu'en regard des capacités de ramassage des blessés au bord des routes et en regard des capacités de rééducation en aval. Que l'animation des maisons de retraite ne se pense qu'avec la prise en compte des épisodes de décompensation de pathologies chroniques sous-jacentes. Que les effectifs soignants ne se pensent qu'au regard des efforts de formation, d'attractivité, et de fidélisation.
Que rien de durable ne s'obtient par la force, la contrainte, ou le mépris. Que tout s'obtient dans la confiance, la bienveillance, et la responsabilité.
C'est pourtant bien de cela qu'il s'agit. De défendre notre Système de Santé contre les obstacles qui se sont glissés sous ses pieds, contre les grains de sable qui se sont glissés dans ses rouages, contre les distorsions qui se sont glissées dans ses objectifs.


mardi 7 juin 2022

Interview dans Le Républicain

Aujourd'hui, entretien avec un journaliste du Républicain qui prépare un portrait de chacun des candidats en lice.

Expliquer d'où on vient, son parcours, tout ce qui fait que le sujet que l'on porte de défense de notre Système de Santé, les valeurs que l'on souhaite défendre, s'imposent à soi comme naturellement, presque sans hésitation.
Comment de la défense de chacun contre les agressions de la maladie, contre les conséquences de l'âge, contre l'isolement, la détresse et la souffrance, on en vient à se lever contre les dysfonctionnements mêmes du système qui doit avoir fonction de protéger sans distinction, les plus faibles comme les plus forts, les plus jeunes comme les plus vieux, de la naissance aux portes de la vie.
Comment le constat des dysfonctionnements profonds accumulés de l'édifice est une souffrance et telle violence qu'elles en interdisent de ne rien tenter pour en corriger les effets les plus criants.
Comment la conscience de la globalité des corrections à envisager, à tous les étages du Système de Santé, impose une réflexion d'ensemble, une vision globale, un projet reconstruit et réfléchi dans un effort partagé, lucide sur les difficultés mais en même temps ambitieux et volontaire sur les priorités et le caractère indispensable de l'entreprise.
Comment d'une place modeste de rouage et d'acteur de terrain on se prend à s'affronter à un problème qui dépasse le regard habituel mais que la force de la nécessité impose soudainement.
Comment dans ce tourbillon on trouve difficilement parmi les voix habituelles du discours public des propositions à la hauteurs des fragilités du système et des enjeux auquel il fait face, et comment on doit se résoudre à porter une parole résolue.
Merci au Républicain d'avoir cherché à saisir cette démarche. J'espère avoir su expliquer clairement ces motifs et ces espoirs.

samedi 4 juin 2022

Mission Flash et Conseil National de la Refondation

Depuis quelques jours, le chef de l'état s'est saisi du sujet qui nous préoccupe, l'état préoccupant du Système de Santé en France. Les différents ministres ont emboité le pas. Les média s'y mettent à la suite. Mais de quoi s'agit-il ?

On nous annonce une "Mission Flash" pour établir un diagnostic des problèmes de l'hôpital, avant de leur apporter les solutions qu'ils méritent à partir de juillet prochain, dans pas plus d'un mois. Ça c'est réactif, admirable de célérité, de dynamisme, et de volontarisme ! Comment ne pas être emballé par autant de fougue et ne pas porter au Parlement les tenants de cette lucidité ?
Quelques questions simples, pourtant, ... :
- Il y a vraiment besoin de tout un mois pour mettre des mots sur ce qu'on a sous les yeux depuis tant d'années ?
- En 1 mois, on n'a pas juste le temps de faire la liste des services d'urgence en détresse et une ébauche des causes de leur effondrement ?
- En 1 mois, et si on ne fait pas confiance à ce qu'on voit, a-t-on le temps de mettre des mots sur les dysfonctionnements de la gouvernance des hôpitaux, sur les errances des ARS, sur les raisons des déserts soignants, sur les tortuosités des formations médicales et soignantes, sur les statuts ésotériques des agents publics de la santé, sur la jungle des procédures, contrôles et précautions, sur les modalités de fixation de l'Ondam, des fermetures de lits, des négociations tarifaires des médicaments, … ?
Et si 1 mois c'est en même temps trop court et trop long, on en espère quoi si ce n'est un geste d'apparat, destiné à simplement calmer le débat que la confrontation au réel finit par imposer ? Cela finit par se voir que les lits ferment pendant que les Urgences craquent, que les soignants ayant épuisé leur colère finissent par baisser les bras pour aller voir ailleurs. Alors cela se verrait un peu trop si au même moment on n'en disait mot. Et un Comité Théodule à toujours été une bonne réponse : aujourd'hui on va l'appeler Mission Flash et Conseil National de la Rénovation, ou de la Refondation, ou quelque chose du même genre …
En espérant que les bonnes gens n'y verront que du feu.
Mais parfois les espoirs sont déçus. Parfois les ficelles de l'entourloupette sont trop grosses.
Car le problème est bien plus profond que la défection des soignants et la saturation des services d'urgence. C'est la globalité de l'écheveau qu'est l'ensemble de Système de Santé qui nécessite d'être démêlé, dénoué, retissé. Comme un vaste mikado que la superposition des strates de réglementations diverses a laissé dans un équilibre instable dont on ne sait pas vraiment où le point de rupture va se manifester à la prochaine occasion. C'est de cette construction qu'il faut maintenant reconsolider la structure, reconsidérer la répartition de ses piliers, repenser ses rôles et ses objectifs, réviser son fonctionnement en sorte que le tout retrouve sa stabilité et son équilibre.
C'est ce travail de fond qui doit nous occuper, plus des préoccupations cosmétiques ponctuelles. Le caractère quasi anecdotique des propositions sur la table démontre bien l'incapacité des esprits gestionnaires à imaginer même l'importance et la gravité de la situation. C'est à la prise de conscience de cette gravité fondamentale que j'appelle, et que je propose d'affronter avec force.

jeudi 2 juin 2022

Collage des Affiches : Fait !

Et voilà, fin de l'étape "Collage des affiches" sur les 113 panneaux électoraux de la circonscription.

En réalité, 4 ou 5 étaient tellement bien cachés qu'on ne les a jamais trouvés. Au bout du compte, le score est quand même notable, et mes excuses aux électeurs qui ne verront pas l'affiche près de chez eux, l'intention y était tout de même.

En grand merci à toutes les petites mains coalisées qui ont permis d'atteindre cette première étape.

Et maintenant en route pour l'étape suivante : "Livraison des bulletins de vote aux 13 mairies de la circonscription". On avance, on avance ... 😊

Michel Benamou 2022 | Facebook


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dimanche 29 mai 2022

Perspectives et projets : la route est droite mais la pente est raide

Chacun peut aujourd'hui observer la multitude de failles et de blocages de notre système de santé.

La crise sanitaire du Covid a obligé à y voir toutes les limites du Monde d’Avant. Elle a fait espérer, parfois annoncer, le Monde d’Après. Mais c’est encore le Monde d’Avant qui revient quand les difficultés dues à la pandémie tendent à s’apaiser.
Les solutions avancées ne sont pas à la hauteur des problèmes, ne visant que des aspects ponctuels du dysfonctionnement général, cherchant des palliatifs à courte vue, sans jamais renoncer aux dogmes gestionnaires qui ont en fait conduit à la situation actuelle.
La tâche est pourtant impérative : redonner au Système de Santé sa force, son énergie, toute sa capacité de répondre aux défis nouveaux comme à ceux du quotidien, avec compétence, générosité, solidarité.
Pour cela, il faut au minimum :
- Abandonner la politique d’affaiblissement systématique et volontaire du Système de Santé,
- Reformater la réflexion collective autour des besoins et des priorités en termes de santé,
- Inciter et organiser la prise de conscience collective du fait qu’il doit s’agir d’une des priorités essentielles de l’action publique,
- Simplifier les étages et les filières décisionnelles dans l’ensemble du Système de Santé,
- Remédicaliser la gouvernance de l’ensemble de l’édifice,
- Faire confiance aux acteurs du terrain dans leur expertise et leur capacité d’analyse et d’initiative,
- Redonner du sens et de l’envie aux acteurs du soin : formation, reconnaissance, responsabilités, …
- Redonner confiance et sécurité aux usagers du soin.
La 9ème circonscription de l'Essonne est riche en structures de soins et en implication dans le Système de Santé, tant parmi ses acteurs que parmi ses usagers. Cette élection législative 2022 est une formidable opportunité de faire entendre cette préoccupation de la crise profonde qui le frappe et de l’impératif de faire monter une voix forte et une volonté pour sa refondation et la préservation de ses valeurs.
C'est précisément tout le sens de ma démarche : depuis ma place et mon expérience, apporter ma pierre à cette action avec tous ceux, professionnels, patients, familles, conscients et volontaires pour tenter ensemble cette aventure. C’est sur ma connaissance des sujets de santé et sur mon parcours de médecin, entièrement dédié au soin, en particulier gériatrique et palliatif, que je souhaite être essentiellement entendu.

Anecdote de campagne : le coup du sort

Savez-vous que les bulletins de vote, les professions de foi, et naturellement les affiches, sont fournis par les candidats ? L’administration se charge, si elle les reçoit à temps, de la répartition des bulletins de vote et des professions de foi (dites aussi circulaires), entre les bureaux de vote et les courriers envoyés aux électeurs avant le jour du scrutin. Ici, les mots importants sont « si elle les reçoit à temps », car dans le cas contraire, c’est au candidat de se débrouiller pour diffuser à qui de droit ses bulletins de vote et ses professions de foi.

Et bien justement, il s’avère que le camion contenant mes documents tout juste sortis des rotatives (les miens et semble-t-il ceux aussi de quelques autres candidats), s’est égaré et n’a pas pu remettre son chargement à temps. Résultat : retour à l’envoyeur, et au candidat de se débrouiller.
Certes la distribution des bulletins préparés dans chacune des communes de la circonscription n’est pas une tâche insurmontable. Mais la diffusion et l’information, par l’envoi des circulaires, aux 83000 électeurs de la circonscription sans la logistique de l’administration est tout simplement inaccessible à l’équipe d’une candidature indépendante.
Point de recours possible d’ailleurs, la règle est la règle, et si certains sont arrivés à temps, c’est bien que cela était possible !
Comment décrire l’état d’esprit en recevant le mail fatidique informant de cette situation, à 22h, l’avant-veille du début de la campagne législative ? Les mots manquent …
Et puis se forme une idée : et si c’était justement l’occasion de mettre en application ce pour quoi on sollicite l’adhésion des électeurs. De montrer que toute difficulté n’est qu’un obstacle à franchir, qu’il soit attendu ou comme aujourd’hui inattendu. Et si on ouvrait les vannes de l’imagination et qu’on inventait un moyen de contourner l’obstacle. Les deux obstacles ici : 1) comment fait-on pour informer sans le soutien du courrier électoral, et 2) que fait-on des 83000 professions de foi restées sur le carreau ?
A la première question, on se dit que le bouche à oreille et internet n’ont pas été inventés en vain. Si chacun un peu convaincu de l’intérêt de cette candidature et de l’indispensable sauvegarde notre Système de Santé se prend l’envie de se dire autour de lui, de rameuter son conjoint, ses enfants, son voisin de palier, sa concierge et son boulanger, cela peut faire boule de neige ! Si chacun peut partager la page Facebook, le compte Instagram, le fil Tweeter … la boule de neige peut vite prendre de l’ampleur.
A la seconde question, on se dit que les idées ne manquent pas et peuvent même être ouvertes à concours, de l’organisation d’une séance de dédicaces sur la circulaire par le candidat ou par sa suppléante selon l’affluence, à l’affichage des professions de foi façon frise autour de l’affiche grand format sur les panneaux électoraux. Toutes les idées sont bonnes à prendre et seront de toute façon meilleures que de se désoler devant la pile des circulaires oubliées.
Car le sujet est bien plus important que les embûches, même majeures, qui peuvent survenir. L’avenir de notre Système de Santé en souffrance ne peut pas rester soumis aux aléas d’idées plus ou moins saugrenues ou à courte vue de gestionnaires timorés. Notre Hôpital, bien commun et partagé par chacun dans notre société, ne peut pas continuer à fléchir sous nos yeux sans que la société décide de se manifester, d’affirmer sa volonté de préserver son bien.
Et si pour atteindre cet objectif il faut lancer un appel à la participation de chacun dans la diffusion et la proclamation de cette nécessité, l’ampleur de l’enjeu mérite bien qu’on s’y attache.

Scrutin de 1er tour

Chers collègues, confrères, intervenants à tous niveaux dans notre Système de Soins, à titre d’usager ou d’acteur, en ville ou à l’hôpital, ...